Défendre les femmes étrangères
La question des femmes dans les migrations n’a été appréhendée dans sa globalité qu’assez récemment. En effet, traditionnellement, les migrations féminines sont perçues, présentées et analysées uniquement comme une migration de type familial. Or cette vision n’est pas conforme à la réalité. De nombreuses femmes quittent leur pays pour des raisons personnelles, parce que cela correspond à des choix de vie (travail, accès à leurs droits fondamentaux,…), pour fuir des situations de violences,…
D’après les chiffres donnés par les Nations Unies, 50 % de la population migrante est constituée de femmes. Dans les permanences d’accueil de la Cimade, les lieux de rétention ou les activités liées à l'insertion et l'apprentissage de la langue française, les femmes représentent une part importante du public accueilli.
Alors que la moitié des personnes qui migrent dans le monde sont des femmes, elles restent peu visibles et ont encore peu la parole. La prise de conscience de la situation et des problèmes spécifiques que peuvent rencontrer les femmes étrangères est, de manière générale, apparue progressivement et relativement récemment.
Pourtant, dans leur parcours de migration, leur accès au séjour ou leur insertion en France, nous constatons une vulnérabilité plus importante des femmes migrantes.
Qu'elles partent pour des raisons personnelles ou qu'elles fuient des violences spécifiques liées au genre (mariages forcés, mutilations sexuelles, crimes dits d’honneur, persécutions liées à l'orientation sexuelle,...), elles sont confrontées à des parcours d'émigration souvent plus longs et dangereux.
En France ou en Europe, elles sont confrontées à la fois aux préjugés et pratiques racistes et xénophobes en tant qu'étrangères, aux préjugés et pratiques sexistes en tant que femmes, mais également à des préjugés et pratiques discriminatoires spécifiques en tant que femmes étrangères. Ainsi, dans l'accès à l'espace public, à la parole, à la langue, à l'emploi, des obstacles supplémentaires et des discriminations spécifiques rendent plus complexes l'accès effectif aux droits fondamentaux. Les femmes étrangères et immigrées sont donc confrontées à des problèmes qui les touchent plus spécifiquement et qui nécessitent des actions prenant en compte la notion de genre.
La Cimade, en tant qu’association de défense des droits des personnes étrangères, a pris conscience de la nécessité d’intégrer dans les activités et actions de l’association la dimension du genre et la protection des droits fondamentaux des femmes.
